Deux événements récents rappellent la complexité des relations entre l’Afrique et les instances judiciaires internationales. Alors que le Cameroun fait face à une lourde condamnation arbitrale, le Tchad a officialisé son départ de la Cour pénale internationale (CPI). Si ces affaires semblent éloignées de Brazzaville, elles portent des enseignements pour la République du Congo.
Cameroun : une facture salée pour le gisement de Nabeba-Mbalam
Le 20 juillet 2026, un tribunal arbitral a condamné le Cameroun à verser 616 millions de dollars à la société australienne Sundance Resources. Le litige portait sur l’exploitation du gisement de fer de Nabeba-Mbalam, frontalier avec la République du Congo voisine (la RDC, mais le contentieux concerne uniquement la partie camerounaise). Yaoundé contestait les droits de la junior minière, mais la sentence est sans appel. Cette décision souligne les risques juridiques liés aux investissements miniers en Afrique, alors que le Congo développe activement son propre secteur extractif.
Le Tchad claque la porte de la CPI
Le 27 juillet 2026, N’Djamena a notifié au Secrétaire général des Nations unies son retrait de la CPI, dénonçant une justice « sélective » focalisée sur les Africains. Le Tchad, qui avait adhéré au Statut de Rome en 1999, devient le dernier État en date à quitter l’institution. Cette décision intervient dans un contexte de défiance croissante envers la CPI sur le continent, bien que la République du Congo, elle, demeure un État partie et continue de coopérer avec la Cour.
Quelles leçons pour le Congo ?
Pour Brazzaville, ces deux affaires constituent un double avertissement. La condamnation du Cameroun rappelle l’importance d’une sécurisation juridique des contrats miniers, à l’heure où le Congo attire des investisseurs dans le fer, la potasse ou le pétrole. Le retrait tchadien, lui, interroge sur l’avenir de la justice pénale internationale en Afrique centrale. Si le Congo n’envisage pas de quitter la CPI, il devra néanmoins naviguer avec prudence dans une sous-région où les solidarités diplomatiques peuvent évoluer rapidement.
