Le ministre de l’Économie, du Plan, de la Statistique et de la Prospective de la République du Congo, Ludovic Ngatsé, a porté haut la voix de l’Afrique lors des 26e Rencontres économiques annuelles d’Aix-en-Provence, en France. Devant un parterre d’experts et de décideurs internationaux, il a plaidé pour une rupture avec le modèle économique fondé sur l’exportation brute des ressources naturelles, appelant à une transformation locale des richesses du continent.
Co-animant une session avec le professeur Christian de Boissieu et l’ancienne ministre française Élisabeth Moreno, M. Ngatsé a martelé que l’avenir de l’Afrique passe par sa capacité à mobiliser ses propres ressources financières, à valoriser ses matières premières sur place et à former sa jeunesse. « La transformation locale constitue désormais la principale voie pour créer de la valeur ajoutée, développer l’industrie, générer des emplois et renforcer les ressources domestiques nécessaires au financement du développement », a-t-il déclaré.
Le ministre congolais a également insisté sur la nécessité de revoir la perception du continent par la communauté internationale. « L’Afrique ne peut plus être réduite à ses difficultés. Elle affiche aujourd’hui des perspectives de croissance supérieures à la moyenne mondiale, dispose d’immenses richesses naturelles, d’un potentiel énergétique considérable et d’une jeunesse appelée à devenir l’un des principaux moteurs de la croissance mondiale », a-t-il souligné.
Parmi les leviers évoqués, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) occupe une place centrale. Selon Ludovic Ngatsé, la transformation locale permettra à l’Afrique de mieux tirer profit de cet instrument d’intégration économique. Il a aussi rassuré les investisseurs sur l’accélération des réformes au Congo : digitalisation des administrations, élargissement de l’assiette fiscale, amélioration de la gouvernance et optimisation des dépenses publiques.
En écho aux récentes Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) tenues à Brazzaville en mai 2026, le ministre a salué le lancement d’une nouvelle stratégie africaine de financement du développement, misant sur l’épargne intérieure, les marchés financiers locaux et les partenariats public-privé. « L’Afrique avance, et elle avance avec ses propres solutions », a-t-il conclu, sous les applaudissements d’une salle conquise.
